28 janvier 2008

Bolufer le bien logé, en toute légalité?

Occupation légale, mais scandaleuse
Monsieur Bolufer habite un appartement propriété de l’organisme HLM, la RIVP (Régie Immobilière de la Ville de Paris). Contrairement aux idées reçues, les organismes HLM de la ville de Paris ne gèrent pas que des logements sociaux. Ils assurent aussi la gestion de logements privés dits à « loyer libre », dont les loyers sont souvent en dessous des prix du marché. C’est ainsi qu’il y a plus de vingt ans, M. Bolufer s’est vu attribué 190m² pour le modeste loyer de 1 197€ par mois. La question se pose : si légalement M. Bolufer avait le droit d’accéder à cet appartement, comment cette attribution s’est t’elle effectuée ? Quotidiennement, les 100 000 demandeurs de logement sociaux à Paris sont priés de patienter, de « faire la queue », d’avoir une demande avec suffisamment d’ancienneté pour se voir enfin loger. Haut fonctionnaire, membre de cabinet, les revenus de M. Bolufer lui permettaient de se loger avec sa famille dans le parc privé. Si légalement il est irréprochable, c’est éthiquement et moralement que sa situation est inacceptable. Pendant ce temps, les familles mal logées attendent et l’on se demande qui sont les « profiteurs » tant décriés par le gouvernement auquel appartenait il y a peu de temps encore M. Bolufer.

La Ville de Paris : une agence immobilière ?
M Bolufer se trouve ainsi très bien logé, en toute légalité. Combien d’autres personnes se trouvent aujourd’hui dans cette situation ? La Ville de Paris par l’intermédiaire de ces bailleurs, gère 48 000 de ces logements à « loyer libre ». Ces appartements sont mis en location, attribués sans plafond de ressources, ni critères. Cette situation anormale perdure malgré les changements de majorité. Le scandale Bolufer a révélé en partie cette situation ubuesque. La RIVP s’est engagée, à grand renfort médiatique, dans une « opération vérité». 325 appartements de standing vont être passés au peigne fin. Pas une personne ne s’est étonnée qu’un bailleur social gère 325 logement de luxe ! Et qu’est ce qu’une opération vérité sur 325 logements, alors que ce sont 48 000 logements qui sont concernés. Une goutte d’eau dans un océan d’opacité.

Politique et transparence
En 2004, les Verts ont soulevé la question de ces logements. Depuis quatre ans, nous demandons leur transformation en logement social. Une Ville n’a pas vocation à gérer un patrimoine immobilier privé. En parallèle, nous souhaitons que la vie publique soit transformée à l’instar des pratiques des pays nordiques. Nous avons proposé que soit rendues publiques toutes les informations concernant le logement des élus et de leurs collaborateurs. Pour nous, la transparence représente l’unique voie pour rétablir la confiance des citoyens envers leurs élus.

René Dutrey

Président du Groupe Les Verts au Conseil de Paris
Premier Adjoint au Maire du 14e arrondissement

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